Anoesiologie :  Deux définitions clés

§1 Anoesia

Anoesiologie

Nom féminin.Ce vocable issu du grec ancien (ανοησία) désigne à l’origine l’imbécilité ou la sottise. Il a été employé dès 1847 pour désigner le retard mental. Il sert dans cet ouvrage en tant que qualification moderne pour caractériser tout comportement, toute situation, toute action, phénomène, ou pratique manifestement [CON], c’est-à-dire qui satisferait formellement les propriétés factuelles suivantes :

a) Impacts négatifs :

-       Sur autrui (ex : perte de temps ou d’argent, colère, tristesse),

-       Parfois également indésirables pour l’auteur de l’acte stupide,

-       Eventuels impacts indirects ou de plus longue échéance.

b) Tentatives manifestes de manipulation de la victime, laquelle reste sidérée. On constate fréquemment une inconscience patente de l’ampleur des dégâts, par l’auteur et parfois ses victimes.

c) Obstination : toute forme de persévérance, d’entêtement, d’insistance, ou de réitération de l’action stupide en question.

Ces trois traits fondamentaux forment la trame des "Critères I/M/O" (impacts / manipulation / obstination) .

Dans un souci de stricte objectivation, l’anoesiologie ne s’intéresse ni aux intentions, ni au libre-arbitre, ni donc à la responsabilité des sujets [CON]s.

Une relation anoesiaque est en général une relation non désirée, mais pas toujours. Certains aiment ça et en redemandent.

Dans le vocabulaire des anoesiologues, l’acronyme [CON] est employé pour désigner les individus, ou les constructions sociétales (objets, phénomènes, pratiques, organisations) qui satisfont de telles propriétés. On parle de CON-nerie pour désigner la situation anoesiaque suivie de ses effets indésirables.

Pour résumer, la source d’anoesia est soit un être vivant de n’importe quel âge et degré d’intelligence, soit une construction sociétale (objet, organisation, pratique, etc.). Cet agent actif gêne d’abord autrui, mais nuit parfois également à lui-même ou à ses proches, maintenant, tout de suite, demain ou plus tard. Pire, il insiste, et refuse de tempérer ou de s’abstenir. En complément, il provoque ou manipule (toupet, discours lénifiant, double contrainte, justifications et demi-excuses, etc.). Pour parachever le tout, il ignore ou nie les dégâts qu’il inflige ou subit. Quant au sujet passif (la victime), il se laisse d’abord niaisement berner, et sous peu passera peut-être en mode actif par un processus de lente maturation, pour devenir lui aussi un [CON] avéré.

(Cf. §Situation, §Critères I/M/O, §Responsabilité)

§2 Acronyme [CON]

Anoesiologie Par la relative simplicité des propriétés qu’elle suppose pour être satisfaite, l’anoesia embrasse de fait la quasi-totalité du champ sociétal et désigne un nombre régulièrement croissant de situations.

Ce constat a conduit les anoesiologues de tous pays à établir une terminologie suffisamment flexible pour s’adapter aux nouvelles problématiques que fait éclore, presque chaque jour, la civilisation moderne.

§  Genèse de l’acronyme

[C] : afin de désigner l’agent ou la source d’anoesia, les mots "cas" ou "caractère" (pour désigner les individus), et "caractéristique" (pour marquer un trait de caractère) ont longtemps figuré en tête des préférences.
Il est à noter que certains psycho-anoesiologues (et non des moindres) ont parfois employé le vocable de "compulsion" ou de "clampin".

[O] : les traits des comportements anoesiaques sont leurs aspects :

-       Obstinés, voire acharnés, mais aussi parfois sournoisement zélés

-       Parfois véhéments ou spectaculaires (ex : éclat de voix),

-       Inconscients de la nocivité réelle, voire assortis d’une certaine fierté, et parfois de tentatives de manipulation,

-       Enraciné dans des convictions profondes (croyances, droit acquis ou devoir supposé, obédience religieuse, idéologie).

Aussi, au fil du temps les plus éminents spécialistes ont souhaité associer un qualificatif général au premier terme ("cas", "caractéristique") qui puisse refléter ces différents traits. Il est apparu un consensus autour des adjectifs "obstiné", "ostentatoire" et "obédientiel" (s’il s’agit de convictions religieuses ou idéologiques), même si certains auteurs préfèrent encore employer les mots "obscurantiste" ou "obsessif".

[N] : enfin, une dernière épithète est systématiquement annexée pour rendre compte de la nocivité intrinsèque aux comportements anoesiaques : "nuisible", "neurotoxique", "négatif", "nocif" etc.

§  Conclusion

Par analogie avec les T.O.C (troubles obsessionnels compulsifs,) quelles que soient les variantes employées dans les dénominations techniques (par exemple "cas obédientiel neurotoxique", "caractère ostentatoire nuisible", etc.), il existe un accord unanime autour de l’acronyme "[CON]".

A noter que les lettres de l’acronyme sont inversées dans les ouvrages de littérature anglo-saxonne (N.O.C).

L’acronyme [CON] est parfois utilisé comme adjectif. La première lettre se mue alors en adverbe. Les deux suivantes sont celles de l’acronyme habituel (avec ses variantes). Par exemple "constitutivement obsessif et nuisible".

Exemple verbatim :

"Depuis qu’elle milite dans ce parti, Anne-Sophie tient vraiment des raisonnements de plus en plus [CON]s."

"La société de consommation porte mal son nom, car un [CON] ne fait généralement pas de sommation avant de dire une [CON]nerie en société." Marc Escayro

(à suivre)